Ne les laissons pas salir à nouveau nos énergies 17 octobre 2008
Posted by KesJenDi in Non classé.Tags: écologie, électricité, énergie éolienne, énergie propre, énergie renouvelable, éoliennes industrielles, parc éolien
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J‘ai de la sympathie pour l’énergie éolienne [fr] beaucoup même. D’abord pour son principe, mais aussi pour l’esthétique de ces machines.
Je pense basiquement que le principe de l’éolien consiste à s’assurer une source d’énergie propre et renouvelable qui couvre tout ou partie de ses besoins en électricité. Et, qu’en raison de la nature non pérenne et non stockable de ladite production est garanti un tarif de revente des surplus de production fixé par avance.
J’imagine ainsi typiquement, et ce sans naïveté, le particulier avec une installation d’une dizaine de mètres, ou alors la commune avec deux ou trois éléments de plusieurs dizaines de mètres couvrant une partie des besoins de la collectivité.
Mais, il y a toujours un mais.
J’apprends que des voix s’élèvent contre les éoliennes [fr], qui seraient une supercherie d’un point de vue écologique et nuisibles en plus.
J’entend ou je lis, ici et là, que ces coléreux seraient à la solde de lobbies nucléaires et/ou pétroliers, et que sais-je encore et qu’il ne faudrait donc pas leur prêter attention.
Ce blog étant lui-même à la solde de mon immense égo sans pour autant que cela ne le discrédite complètement, je ne prêtre pas foi et décide d’approfondir un peu en leur compagnie (autrement dit sur leur site).
A première vue, les motifs de leur courroux sont divers et variés et me font plutôt l’effet d’une compilation d’arguments où chacun doit pouvoir trouver un point d’accord sans pour autant qu’une cohérence d’ensemble n’émerge vraiment. Les éoliennes c’est mal à tous points de vue, épicétou !
Il faut aller plus loin que cette première impression pour finalement comprendre que le problème n’est pas l’énergie éolienne, mais le comportement des acteurs de cette filière.
Résumons en quelques mots : l’éolien pragmatique [fr] (celui destiné à pourvoir les besoins en énergie du lieu de leur implantation) n’est en fait que portion congrue du parc éolien qui est en train de se développer au profit quasi exclusif d’un éolien purement financier qui ne vise qu’à alimenter le réseau à travers la revente directe de la totalité de sa production.
Pour se faire, des promoteurs privés construisent des parcs industriels constitués du nombre d’éoliennes nécessaires à la rentabilisation du site, et ce sans aucune autre considération que cet aspect financier.
(Il est d’ailleurs intéressant de parcourir les noms de ces promoteurs privés, pas forcément parmi les plus vertueux à notre connaissance).
Ils s’appuient ici sur les tarifs plus que favorables fixés pour le rachat de l’électricité produite dans les Zones de Développement Éolien [fr] (ZDE).
Il est à noter que ces parcs industriels génèrent de confortables revenus pour les collectivités locales par le biais de la taxe professionnelle, tandis que les propriétaires fonciers perçoivent des loyers fort opportuns.
Et c’est ainsi lorsque les considérations financières prévalent sur tout le reste, on en vient vite à faire tout et n’importe quoi et notamment à implanter des parcs de plus en plus grands pouvant aller jusqu’à plusieurs dizaines de mâts, dans le mépris complet de l’environnement et des riverains.
Avec toutes les nuisances qui vont avec, car la concentration de tels mastodontes (environ un centaine de mètres de diamètre) ne saurait se faire sans induire de désagréments visuels ou sonores, voire autres.
Et voici à nouveau illustrés les risques qu’il y a à laisser les gougnafiers se ruer en masse pour être parmi les premiers à bénéficier de la manne financière, en les y encourageant même pour atteindre des objectifs chiffrés (Grenelle).
En somme, il y a un gros besoin de régulation, c’est bien ça ?
Commentaires
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C’est souvent le problème : le retour financier à très court terme !
L’éolien possède des vertus, dans certaines configurations seulement mais le but est de construire des parcs permettant des retours sur investissement très rapide du fait du prix d’achat de l’électricité qui n’a rien d’économique et de concurrentiel.
Alors, implanter des éoliennes terrestres dans des zones où le vent est régulier et fort, pourquoi pas mais en implanter en faisant miroiter aux agriculteurs un revenu est malhonnête si on se place dans la dynamique du développement durable.
En revanche, on devrait développer plus de fermes offshore qui présentent des intérêts évidents : vent plus fort et plus régulier, puissance élevée.
Dominique Lemoine
Dominique, oui d’un point de vue strictement financier.
Mais, les énergies doivent être pensées en combinant différents modes de production en fonction des configurations. Et la collectivité est la seule à même d’orchestrer cela.
Certains parcs éoliens ne voient le jour que pour rapporter de l’argent et pas en bonne intelligence avec le territoire d’implantation et ses infrastructures existantes.
C’est laisser l’impulsion aux investisseurs qui pose problème : du coup, l’État ou son représentant ne fait qu’accepter ou pas des projets sans réflexion globale, sans organisation à l’échelle d’un territoire.
à bientôt.
j’ai cru lire que le lobby anti-éolien était à la solde du nucléaire…
Lobby contre lobby donc.
Il me semble que le 1er promoteur d’éoliennes industrielles en France appartient à GDF-SUEZ.
Certes, mais il y est contraint…
Lorsqu’on ne fait pas de l’éolien, on stigmatise la politique “tout nucléaire” de la France, et lorsqu’on en fait, on stigmatise l’instrumentalisation de l’éolien par certains lobbies …
Y a du boulot, ne serait ce que d’un point de vue intellectuel, c’est clair.
C’est sûr que si on laisse les lobbies et les intérêts qu’ils défendent mener les débats…