C’est parce que nos banques sont saines que nous faisons ce qu’il faut pour soigner leurs bilans 21 octobre 2008
Posted by KesJenDi in Non classé.Tags: banque, bénéfices, CAC 40, crise économique, crise financière, plan de sauvetage
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Au nom de quoi devrait-on empêcher des établissements bancaires, dont par ailleurs la santé financière ne doit nullement être source d’inquiétude, et sous prétexte de quelle crise, de quelque nature que ce soit, ces établissements bancaires ne pourraient donc continuer joyeusement et consciencieusement à remplir le bas de laine de leurs actionnaires ?
Remplissage, au demeurant déjà bien entamé, auquel il leur serait demandé de renoncer au seul motif que la morale et l’éthique devraient désormais être intégrées dans la gouvernance de nos entreprises ?
Mais que voulez-vous ? Que voulez-vous donc ? Qu’en plus de caisses vides nous soyons obligés d’ouvrir les banques le dimanche parce que nous aurions contrarié par excès de zèle les marchés financiers ?
Eh bien, non.
Nous aurons le courage de ne rien réformer, de ne surtout pas perturber le fragile équilibre de ce système, nous serons ceux qui permettront aux possédants de perdre moins que ceux qui ne possèdent rien.
C’est ainsi que la fine équipe aurait dû présenter l’annonce des 10 milliards et des poussières d’euros consentis aux banques, juste comme ça pour que nous, communs des communs, comprenions le déplacement de curseur opéré insidieusement : L’État injecte de l’argent non pas pour “que les banques continuent à financer l’économie”, ça elles le font et peuvent continuer à le faire, mais pour qu’elles n’aient pas à taper dans les bénéfices déjà laborieusement constitués (c-a-d sortis des bilans, provisoirement, sous forme de créances douteuses ou de dépréciations d’actifs) au 3/4 (il reste un trimestre d’activité) et qu’il n’est pas question, mais alors pas du tout, de ne finalement pas verser aux actionnaires.
Souvenons-nous de l’exercice 2007, si on fait le compte pour les 6 établissements concernés : 18,5 milliards d’euros de bénéfices (1) engrangés, dont je n’évoquerais même pas la part de dividende versée au actionnaires…
Admettons que ce que je viens de dire n’a pas plus de pertinence qu’1 action d’Eurotunnel aurait de perspectives de croissance, mémorisez les chiffres 10,5 et 18,5 et dans les prochains mois, disons durant le 1er semestre 2009, soyons attentifs aux chiffres publiés par nos ténors de la banque saine et acceptons d’avoir eu tort… ça devrait nous rassurer.
(1) Résultats nets exercice 2007 : Banques Populaires 1,055 Mds ; BNP-Paribas 7,8 Mds ; Caisse d’Epargne 1,4 Mds ; Crédit Agricole 4,04 Mds ; Crédit Mutuel 2,73 Mds ; Société Générale 947 Millions (amputés, c’est ballot, de 4,9 milliards d’une perte attribuée à un génial idiot irresponsable et solitaire).

