Faut-il relire la fin du travail de Jeremy Rifkin ? 2 mars 2008
Posted by KesJenDi in Lecture.Tags: Analyse, aubaine, charges sociales, chômage, citation, fiscalité, pouvoir d'achat, précarité, salaire, travail
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Je comptais me servir d’une synthèse rédigée à l’époque où j’étais étudiant sur La fin du travail de Jeremy Rifkin pour pondre rapidement un billet sans trop de labeur.
Mais voilà, en plus d’être fainéant je suis bordélique, et donc le précieux document est introuvable.
Du coup je palpe le livre, le soupèse, l’évalue pour savoir si je vais me décider à le relire ou pas.
En tombe un marque-ta-page de l’époque de la première lecture, avec quelques numéros de pages griffonnés : les pages où j’ai souligné des trucs.
Comme ça, à chaud, allez savoir pourquoi, j’extraie cette citation (c’est moi qui met en gras) :
La révolution de la productivité a donc affecté de deux façons le temps de travail. l’introduction des technologies économisant à la fois la main d’œuvre et le temps a permis aux entreprises d’éliminer massivement des travailleurs et de créer ainsi une armée de réserve de chômeurs qui pâtissent d’une oisiveté forcée au lieu de jouir de leur temps libre. Ceux qui ont encore un travail sont obligés de travailler plus longtemps, en partie pour compenser la baisse de leur salaire et de leurs prestations. Nombre de sociétés préfèrent occuper plus longtemps une main-d’œuvre plus réduite plutôt qu’un personnel plus abondant qui travaillerait moins : elles économisent ainsi diverses charges sociales, dont les prélèvements de santé et de régimes de retraite. Même en payant 50% plus cher les heures supplémentaires, elles dépensent moins que si elles devaient payer les charges sociales inhérentes à une main-d’œuvre plus abondante.
Jeremy Rifkin, La fin du travail, Éditions la Découvertes, 1996, (p. 297-298).
Toute ressemblance avec des dispositions récentes par chez nous…
Et pourtant je me suis levée tôt, une immersion dans le quotidien des travailleurs précaires par Elsa Fayner 24 février 2008
Posted by KesJenDi in Lecture.Tags: emploi, enquête, précarité, salaire, SMIC, temps partiel, travail
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Je viens de finir de lire cette “immersion dans le quotidien des travailleurs précaires” qui est le récit de trois expériences d’emplois précaires sur une période totale de trois mois.
Bien documentée, cette alternance de récit et d’analyse est abreuvée par de nombreuses données chiffrées, pour un tour d’horizon forcément incomplet des visages de la précarité salariée. Et oui, le principe de l’immersion était par lui-même limitatif, mais ce n’est pas gênant.
Le tout nous emmène doucement vers la conclusion qui à elle seule résume ce que nous sentons tous : la précarité gagne du terrain, la précarité broie les individus. La précarité sert de prétexte à précariser encore plus.
Je conseille bien évidemment la lecture de cet ouvrage, et plutôt que m’épuiser en mots, je me permets d’en reproduire en partie la conclusion :
le travail dit “non qualifié” nécessite lui aussi des compétences en termes d’organisation, de sociabilité, de rapidité d’exécution, de gestion des contraintes et d’adaptation qui ne s’acquièrent pas immédiatement. Mais, en ces temps de chômage de masse, pas question de reconnaître ces qualifications, de les rémunérer, encore moins de les valider et risquer de fournir des possibilités d’ascension dans le métier. En ces temps de chômage de masse, mieux vaut agiter l’épouvantail de la précarité pour tous, renvoyer à la responsabilité personnelle, placer chacun en période d’essai permanente, pour mieux harmoniser par le bas. En présentant comme autant de fatalités l’instabilité de l’emploi, le déclin de la France et la nécessité de se retrousser les manches, il ne reste plus qu’à proposer généreusement quelques contreparties, de maigres garde-fous. Travailler plus… Rester tard le soir, se lever tôt… Tels restent les refrains.
Et pourtant, je me suis levée tôt… : Une immersion dans le quotidien des travailleurs précaires de Elsa Fayner - Editions du Panama - 172 pages - Prix public : 15 €









